jeudi, 19 novembre 2015 15:35

 

La paix en famille

En ces moments si particuliers, je me suis demandée ce que je pouvais faire face à cela.

Que puis-je faire à mon niveau de parent, pour cultiver la paix, là où je suis, dans ma famille ?

 

Accueillir les émotions de mes enfants

Quand un enfant vient vers nous avec un paquet d’émotions vives (colère, frustration, peur…), notre premier réflexe est de canaliser ses émotions car cela nous dérange ou nous fait peur. Nous nous disons qu’en tant que parent, nous devons « gérer » la situation et trouver des solutions pour que cela s’arrête. Le problème c’est qu’avec notre bonne intention, nous nions les émotions de notre enfant. Nous lui disons qu’il ne devrait pas se sentir comme cela : « ce n’est pas grave, ne pleure pas ». Nous le sommons de justifier la cause de ces émotions « mais pourquoi dis-tu cela ? Qu’as tu fait pour en arriver là ? ». L’enfant ne se sent pas reconnu ni apaisé.

Ce qui peut vraiment aider notre enfant à retrouver la paix intérieure, c’est d’accueillir ses émotions. En silence. Avec un mot « Hum ». En faisant l’effet d’un miroir « Tu as l’air en colère ». 

Alors l’émotion peut se calmer, l’enfant se connecter à ses ressources et trouver lui-même ses solutions. Il se sent alors fier, confiant, en paix avec lui-même.

 

C’est celui qui fait qui a raison

Dans une maison, chacun a sa manière de voir comment les choses doivent être faites. Que cela soit au niveau du rangement, du ménage, de l’organisation pratico-pratique des choses, chacun a un avis. C’est normal nous sommes tous différents, avec des besoins d’ordre, de minutie et des priorités différentes : vite fait / bien fait.

Ce qui crée du conflit, c’est lorsque nous restons figés sur notre manière de voir les choses. Lorsque nous restons attachés à comment les choses doivent être faites, nous oublions de voir que les choses sont faites ou ont commencé à être faites.  Lorsque nous décidons que c’est celui qui fait qui a raison, nous choisissons de valoriser l’action de faire, plus que la manière. Ce n’est peut être pas fait comme je le souhaitais, mais c’est fait. C’est déjà bien. Cela mérite d’être reconnu. Puis si vraiment cette manière de faire ne me convient pas, je peux aller vers l’autre avec un désir de co-création d’une solution, plus que l’envie d’imposer ma manière de faire les choses. 

 

Encourager les bons comportement - Arroser ce qui va bien

Avez-vous remarqué comme nous sommes prompts à faire des commentaires sur ce qui ne va pas chez les autres. « Mais arrêtez de vous disputer ! Les manettes de la WII ne sont pas rangées ! » Si nous voulons vivre plus de paix et de bienveillance dans notre famille, nous pouvons allumer le radar de toutes les choses qui se passent bien. « Super, voilà deux enfants qui jouent calmement. Chouette des chaussures à leur place dans l’entrée ». Lorsque nos enfants, notre partenaire font ce que l’on attend d’eux cela nous semble normal et nous n’en parlons pas. Un personne qui reçoit de l’attention positive pour ce qu’elle a fait, et qui nous convient, va avoir envie d’en faire encore plus. Si j’arrose d’attention positive les moments de paix, de coopération et de respect qui existent dans ma famille (et il y en a), d’abord c’est plus agréable pour moi et pour les autres et ensuite j’ai plus de chance d’en vivre plus dans mon quotidien.

 

Passer de justicier à médiateur

Lorsque nos enfants se bagarrent, pour un jouet, un choix de film ou tout autre chose (la liste peut être longue, n’est ce pas), nous avons tendance à prendre la place du justicier, qui va entendre les plaintes de tout le monde et régler le conflit, en décidant qui aura le jouet, quel film sera regardé. On croit avoir réglé le problème mais cette position a des inconvénients : 

  • il y a un perdant, celui dont le choix n’a pas été validé
  • les protagonistes du conflit croient qu’ils ont besoin d’un tiers pour trouver une solution
  • le justicier (nous) perd beaucoup de temps et d’énergie à régler des conflits qui ne le concernent pas vraiment (à part le bruit engendré).

Et si nous passions de justicier à médiateur, si nous aidions nos enfants ? … 

  • en décrivant la situation sans la juger : « Hé je vois deux enfants/personnes qui ne sont pas d’accord.
  • en reconnaissant que ce problème est sérieux : « Nous avons un vrai problème, qu’allons nous faire ? »
  • en reconnectant nos enfants à leurs ressources : « Je suis sûre que vous allez trouver une solution qui va convenir à tout le monde. De quoi chacun a besoin ? »
  • en proposant des suggestions : « Est-ce que l’on peut dire que c’est cinq minutes chacun ? Est-ce que celui qui ne choisit pas le film pourrait avoir la meilleure place ? »
  • en quittant la pièce pour les laisser se débrouiller. 

 

S’occuper de comment trouver des solutions pour le futur plutôt que de chercher des coupables dans le passé

Parfois dans la vie de famille, les routines ne fonctionnent pas et on se retrouve toujours avec les mêmes problèmes. La table du petit déjeuner n’est jamais rangée. Les serviettes traînent toujours en boule dans la salle de bain. Nous partons toujours en retard à l’école. Et notre réflexe est d’accuser les autres d’être la cause de ces « dysfonctionnements » et d’attendre que les autres changent pour que tout revienne dans l’ordre (notre ordre !) Plutôt que de retourner la situation dans tous les sens pour savoir qui n’a pas fait quoi, nous pouvons apprendre à nos enfants à se mettre autour de la table (des négociations) pour trouver ensemble des solutions à nos tracas du quotidien.

 

Parler de soi et inviter l’autre à faire de même

Dans tous ces moments où nous avons besoin de communiquer avec les membres de notre famille pour trouver des solutions à nos problèmes, nous avons plus de chance d’arriver à trouver un accord lorsque nous parlons de nous et que nous invitons chacun à faire de même.

« Quand je rentre dans ma maison et que c’est le bazar dès l’entrée je me sens ……., j’ai vraiment besoin de plus d’ordre dans ma maison et j’aimerais que nous trouvions une solution à cette situation. Qu’en penses-tu quand je te dis cela ?

 

Se câliner, se toucher, s’embrasser

Nous avons tous besoin de contact physique pour nous sentir bien. Commencer la journée par un câlin, se prendre dans les bras au retour de la maison. S’embrasser avant de s’endormir sont des gestes de paix.

 

Et vous, que faites-vous pour cultiver la paix dans votre famille ?

 

 

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